Cathéchisme d’Heidelberg

Extrait de : Confession et Catéchismes de la Foi Réformée, Labor et Fides, 1986.

Introduction

Question 1: Quelle est ton unique consolation dans la vie et dans la mort?

C’est que, de corps et d’âme, tant dans la vie que dans la mort (Rm 14.7-8), j’appartiens, non pas à moi-même (1 Co 6.19), mais à Jésus-Christ, mon fidèle Sauveur (1 Co 3.23), qui, par son sang précieux (1 P 1.18-19), a parfaitement payé pour tous mes péchés (1 Jn 1.7; 2.2) et m’a délivré de toute la puissance du diable (1 Jn 3.8). Il me garde si bien (Jn 6.39) qu’il ne peut pas tomber même un cheveu de ma tête sans la volonté de mon Père céleste (Mt 10.29-31; Lc 21.18) et que même toutes choses doivent concourir à mon salut (Rm 8.28). C’est pourquoi il m’assure par son Saint-Esprit d’avoir la vie éternelle (2 Co 1.20-22; Ep 1.13-14; Rm 8.16) et me donne la volonté et la disposition de vivre désormais pour lui en l’aimant de tout coeur (Rm 8.14).

Q. 2: Combien de choses dois-tu savoir pour vivre et mourir bienheureux avec cette consolation?

Trois choses (Lc 24.46-48; 1 Co 6.11; Tt 3.3-7). Premièrement, combien sont grands mon péché et ma misère (Jn 9.41; 15.22). Deuxièmement, comment je suis délivré de tous mes péchés et de ma misère (Jn 17.3). Troisièmement, quelle reconnaissance je dois à Dieu pour cette délivrance (Ep 5.8-11; 1 P 2.9-10; Rm 6.12-13).

Première partie: DE LA MISERE DE L’HOMME

Q. 3: Comment connais-tu ta misère?

Par la Loi de Dieu (Rm 3.20).

Q. 4: Qu’exige donc de nous la Loi de Dieu?

Jésus-Christ nous l’apprend dans le sommaire qu’il nous en donne dans l’Evangile selon saint Matthieu au ch. 22: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. C’est là le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes (Mt 22.37-40; Lc 10.27).

Q. 5: Peux-tu parfaitement observer tout cela?

Non (Rm 3.10-12, 23; 1 Jn 1.7-8), car je suis par nature enclin à haïr Dieu et mon prochain (Rm 8.7; Ep 2.3).

Q. 6: Dieu a-t-il ainsi créé l’homme mauvais et pervers?

Non (Gn 1.31). Au contraire, Dieu a créé l’homme bon et à son image (Gn 1.26-27), c’est-à-dire dans une vraie justice et sainteté, afin qu’il ait une authentique connaissance de Dieu son Créateur, qu’il l’aime de tout coeur et vive avec lui éternellement dans la félicité, pour le louer et le bénir (2 Co 3.18; Col 3.9-10; Ep 4.23-24).

Q. 7: D’où vient alors la nature corrompue de l’homme?

De la chute et de la désobéissance de nos premiers parents, Adam et Eve, dans le Paradis (Gn 3; Rm 5.12, 18, 19); notre nature y a été si empoisonnée que tous, nous sommes conçus et nés dans le péché (Ps 51.7).

Q. 8: Sommes-nous tellement corrompus que nous soyons absolument incapables du moindre bien et enclins à tout mal?

Oui (Jn 3.6; Gn 6.5; Jb 14.4; 15.16, 35; Es 53.6), à moins de naître à nouveau par l’Esprit de Dieu (Jn 3.5).

Q. 9: Dieu n’est-il donc pas injuste envers l’homme en exigeant de lui dans sa Loi ce qu’il ne peut pas faire?

Non, car Dieu l’a créé de sorte qu’il pouvait le faire (Ep 4.24). Mais l’homme, à l’instigation du diable, s’est privé de ces dons, lui et toute sa postérité, par une désobéissance de sa volonté propre (Rm 5.12).

Q. 10: Dieu veut-il laisser impunies une telle désobéissance et une telle chute?

Nullement (Rm 5.12; He 9.27). Il se met au contraire terriblement en colère contre les péchés, tant originel qu’actuels, et il veut les punir, en raison de son juste jugement, dans le temps et dans l’éternité, comme il l’a déclaré: « Maudit soit quiconque ne maintient pas en vigueur tout ce qui est écrit dans le livre de la Loi pour le mettre en pratique » (Dt 27.26; Ga 3.10).

Q. 11: Dieu n’est-il donc pas aussi miséricordieux?

Dieu est bien miséricordieux (Ex 34.6s.), mais il est aussi juste (Ex 20.5; Ps 5.5s.; 2 Co 6.14-17): c’est pourquoi sa justice exige que le péché qui est commis contre la majesté suprême de Dieu soit aussi puni, de la peine la plus forte, c’est-à-dire de la peine éternelle, dans le corps et dans l’âme.

Deuxième partie: DE LA DELIVRANCE DE L’HOMME

Q. 12: Puisque nous avons donc mérité, selon le juste jugement de Dieu, une peine temporelle et éternelle, comment pourrions-nous y échapper et rentrer à nouveau en grâce?

Dieu veut que sa justice soit satisfaite (Ex 20.5; 23.7). C’est pourquoi nous devons lui faire un entier paiement, soit par nous-mêmes, soit par un autre (Rm 8.3-4).

Q. 13: Mais pouvons-nous faire ce paiement par nous-mêmes?

Nullement. Nous augmentons au contraire journellement notre dette (Jb 9.1-3; 15.15; Mt 6.12).

Q. 14: Mais une créature quelconque peut-elle payer pour nous?

Aucune. Car d’abord Dieu ne veut punir aucune autre créature d’une faute dont l’homme s’est rendu coupable (He 2.14ss.); ensuite, aucune simple créature ne peut supporter le poids de la colère éternelle de Dieu contre le péché, ni en délivrer d’autres (Ps 130.3).

Q. 15: Quel médiateur et libérateur devons-nous alors chercher?

Quelqu’un qui soit un vrai homme (1 Co 15.21) et qui soit juste (Jr 33.16; Es 53.9; 2 Co 5.21; He 7.16), et qui cependant soit plus fort que toutes les créatures, c’est-à-dire qui soit en même temps vrai Dieu (Es 7.14; Rm 9.5; Jr 23.5s.).

Q. 16: Pourquoi doit-il être un vrai homme et qui soit juste?

Parce que la justice de Dieu exige (Rm 5.12, 15) que la nature humaine, qui a péché, paie pour le péché; mais un homme qui serait lui-même pécheur ne pourrait pas payer pour les autres (1 P 3.18; Es 53.3-5, 10-11).

Q. 17: Pourquoi doit-il être en même temps vrai Dieu?

Pour que, par la puissance de sa divinité (Es 53.8; Ac 2.24; 1 P 3.18), il puisse supporter le poids de la colère de Dieu dans son humanité, et nous acquérir (Jn 3.16; Ac 20.28) et nous rendre la justice et la vie (Jn 1.4).

Q. 18: Mais qui est ce Médiateur qui est à la fois vrai Dieu et un vrai homme qui soit juste?

Notre Seigneur Jésus-Christ (Mt 1.23; 1 Tm 3.16; Lc 2.11), qui nous est donné pour notre délivrance et notre justice parfaites (1 Co 1.30).

Q. 19: D’où sais-tu cela?

Par le saint Evangile, que Dieu lui-même a d’abord révélé dans le paradis (Gn 3.15), puis qu’il a fait annoncer par les saints patriarches et les prophètes (Gn 22.18; 49.10s.; Rm 1.2; He 1.1; Ac 3.22-24; 10.43), préfigurer par les sacrifices et les autres cérémonies de la Loi (Jn 5.46; He 10.7), et qu’il a enfin accompli par son Fils unique et bien-aimé (Rm 10.4; Ga 4.4s.).

Q. 20: Tous les hommes sont-ils donc sauvés en Christ comme ils étaient perdus en Adam?

Non, seulement ceux qui, par une vraie foi, lui sont incorporés et qui reçoivent tous ses bienfaits (Jn 1.12; Es 53.11; Ps 2.12; Rm 11.20; He 4.2; 10.39).

Q. 21: Qu’est-ce qu’une vraie foi?

Ce n’est pas seulement une connaissance certaine par laquelle je tiens pour vrai tout ce que Dieu nous a révélé dans sa parole (Jc 1.18), mais c’est aussi une confiance pleine et entière (Rm 4.16ss.; 5.1) que le Saint-Esprit (2 Co 4.13; Ep 2.8s.; Mt 16.17; Ph 1.19) produit en moi par l’Evangile (Rm 1.16; 10.17), et qui m’assure que ce n’est pas seulement aux autres, mais aussi à moi que Dieu a offert la rémission des péchés, la justice et le salut éternels (He 11.7-10; Rm 1.16), par pure grâce, par le seul mérite du Christ (Ep 2.7-9; Rm 3.24s.; Ga 2.16).

Q. 22: Mais qu’est-il nécessaire à un chrétien de croire?

Tout ce qui nous est promis dans l’Evangile (Jn 20.31; Mt 28.20) et que les articles de notre foi chrétienne, universelle et indubitable, nous apprennent en abrégé.

Q. 23: Que disent ceux-ci?

Je crois en Dieu le Père, le Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, qui est né de la vierge Marie. Il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers. Le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté au ciel, il s’est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. De là, il viendra pour juger les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit. Je crois une sainte Eglise catholique, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle.

Q. 24: Comment divise-t-on ces articles?

En trois parties. La première traite de Dieu le Père et de notre création. La seconde de Dieu le Fils et de notre délivrance. La troisième de Dieu le Saint-Esprit et de notre sanctification.

Q. 25: Puisqu’il n’y a qu’une unique essence divine (Dt 6.4), pourquoi nommes-tu trois personnes: le Père, le Fils, le Saint-Esprit?

Parce que Dieu s’est révélé tel dans sa Parole (Es 61.1; Ps 110.1; Mt 3.16-17; 28.19; 1 Jn 5.7), de sorte que ces trois personnes distinctes sont le seul, vrai et éternel Dieu.

DE DIEU LE PERE

Q. 26: Que crois-tu quand tu dis: « Je crois en Dieu le Père, le Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre »?

Que le Père éternel de notre Seigneur Jésus-Christ a créé de rien le ciel et la terre et tout ce qui s’y trouve (Gn 1; Ps 33.6) et qu’il les entretient et les gouverne encore par son conseil éternel et par sa providence et qu’il est aussi mon Dieu (Ps 104; Mt 10.29; He 1.3; Ps 115.1-3) et mon Père pour l’amour de son Fils Jésus-Christ (Jn 1.12; Rm 8.15; Ga 4.5-7; Ep 1.5). En lui je me confie, de sorte que je ne doute pas qu’il prenne soin de tout ce qui m’est nécessaire pour le corps et pour l’âme (Ps 55.23; Mt 6.25s.; Lc 12.22) et aussi qu’il tourne à mon bien tout le mal qu’il m’envoie dans cette vallée de larmes (Rm 8.28): car il peut le faire, comme Dieu Tout-Puissant (Rm 10.12), et il veut aussi le faire, comme Père fidèle (Mt 6.25ss.; 7.9-11).

Q. 27: Qu’entends-tu par la providence de Dieu?

La force toute-puissante et présente de Dieu (Ac 17.25s.), par laquelle il maintient comme par la main les cieux et la terre avec toutes les créatures et les gouverne (He 1.3), de sorte que frondaison et herbe, pluie et sécheresse, année fertile et stérile, nourriture et breuvage (Jr 5.24; Ac 14.17), santé et maladie (Jn 9.3), richesse et pauvreté (Pr 22.2), et toutes choses ne nous viennent pas par le hasard, mais de sa main paternelle.

Q. 28: Quel profit retirons-nous de la connaissance de la création et de la providence de Dieu?

D’être patients dans toute adversité (Rm 5.3; Jc 1.3; Jb 1.21), reconnaissants dans la félicité (Dt 8.10; 1 Th 5.18), et d’avoir bonne confiance pour notre avenir en notre Dieu et Père fidèle, dont aucune créature ne nous séparera de l’amour (Rm 8.38-39), car toutes les créatures sont tellement dans sa main, qu’elles ne peuvent faire le moindre mouvement sans sa volonté (Jb 1.12; Ac 17.28; Pr 21.1).

DE DIEU LE FILS

Q. 29: Pourquoi le Fils de Dieu est-il appelé « Jésus », c’est-à-dire « Sauveur »?

Parce qu’il nous sauve de nos péchés (Mt 1.21; He 7.24s.) et qu’on ne peut chercher ni trouver quelque salut en aucun autre (Ac 4.12).

Q. 30: Croient-ils alors aussi en Jésus, l’unique Sauveur, ceux qui cherchent leur félicité et leur salut auprès des saints, en eux-mêmes ou ailleurs?

Non, mais ils renient en fait l’unique Sauveur (1 Co 1.13; Ga 5.4). Car, ou bien Jésus n’est pas un parfait Sauveur, ou bien ceux qui acceptent ce Sauveur d’une foi véritable doivent avoir en lui tout ce qui est nécessaire à leur salut (Es 9.6; Col 1.19-20; 2.10; Jn 1.16).

Q. 31: Pourquoi est-il appelé « Christ », c’est-à-dire « oint »?

Parce qu’il a été institué de Dieu le Père et oint du Saint-Esprit (He 1.9): pour être notre souverain prophète et docteur (Dt 18.15; Ac 3.22), qui nous a pleinement révélé le conseil secret et la volonté de Dieu qui sont de nous délivrer (Jn 1.18; 15.15); pour être notre unique grand-prêtre (Ps 110.4; He 7.21), qui nous a délivrés par le sacrifice unique de son corps et qui, continuellement, par son intercession, plaide pour nous auprès du Père (Rm 8.34; 5.9s.); et pour être notre roi éternel, qui nous gouverne par sa parole et par son Esprit et qui nous garde et nous maintient dans la délivrance qu’il nous a acquise (Ps 2.6; Lc 1.33; Mt 28.18).

Q. 32: Mais pourquoi es-tu appelé « chrétien »?

Parce que par la foi je suis un membre du Christ (Ac 11.26), et qu’ainsi je suis fait participant de son onction (1 Jn 2.27; Ac 2.17; Jl 3.1), pour confesser, moi aussi, son nom (Mc 8.38), pour m’offrir à lui en vivant sacrifice de reconnaissance (Rm 12.1; Ap 1.6; 5.8-10; 1 P 2.9), et pour combattre pendant cette vie avec une conscience libre contre le péché et le diable (1 Tm 1.18s.) et enfin pour régner éternellement avec lui sur toutes les créatures (2 Tm 2.12).

Q. 33: Pourquoi s’appelle-t-il « Fils unique de Dieu », alors que, nous aussi, nous sommes enfants de Dieu?

Parce que Christ seul est le Fils éternel de Dieu par nature (Jn 1.14-18; He 1.2), alors que nous sommes reçus enfants de Dieu à cause de lui et par grâce (Rm 8.15-17; Ep 1.5s.).

Q. 34: Pourquoi l’appelles-tu « notre Seigneur »?

Parce qu’il nous a délivrés et rachetés, corps et âme, du péché et de toute la puissance du diable, non avec de l’or ou de l’argent, mais avec son précieux sang, pour que nous soyons sa propriété (1 P 1.18; 2.9; 1 Co 6.20; 7.23).

Q. 35: Que veut dire « conçu du Saint-Esprit et né de la vierge Marie »?

Que le Fils éternel de Dieu, qui est le Dieu vrai et éternel (Jn 1.1; Rm 1.4), et le demeure (Rm 9.5), a assumé la vraie nature humaine de la chair et du sang de la vierge Marie (Ga 4.4; Jn 1.14), par l’opération du Saint-Esprit (Mt 1.18; Lc 1.35), afin d’être aussi la vraie postérité de David (Ps 132.11; Rm 1.3), semblable en toutes choses à ses frères (Ph 2.7) excepté le péché (He 4.15).

Q. 36: Quel profit retires-tu de la sainte conception et de la naissance de Christ?

Qu’il est notre médiateur (He 2.16s.) et que par son innocence et sa parfaite sainteté il couvre devant la face de Dieu mon péché dans lequel j’ai été conçu (Ps 32.1; 1 Co 1.30).

Q. 37: Que comprends-tu par l’expression « il a souffert »?

Que durant tout le temps de sa vie sur la terre, mais particulièrement à la fin de celle-ci, il a porté dans son corps et dans son âme la colère de Dieu contre le péché de tout le genre humain (1 P 2.24; Es 53.12), afin que par sa souffrance, unique sacrifice expiatoire (1 Jn 2.2; 4.10; Rm 3.25), il délivre notre corps et notre âme de la damnation éternelle, et nous acquière la grâce de Dieu, la justice et la vie éternelle.

Q. 38: Pourquoi a-t-il souffert sous le juge Ponce Pilate?

Afin que lui, innocent, fût condamné par un juge terrestre (Ac 4.27s.; Lc 23.14; Jn 19.4), et nous délivrât par cela du jugement sévère de Dieu qui devait venir sur nous (Ps 69.5; Es 53.4s.; 2Co5.21; Ga3.13).

Q. 39: Y a-t-il quelque chose de plus dans le fait qu’il a été crucifié que s’il était mort d’une autre façon?

Oui, car par cela je suis assuré qu’il a pris sur lui la malédiction qui reposait sur moi (Ga 3.13). Car la mort sur la croix était maudite de Dieu (Dt 21.23; Ga 3.13).

Q. 40: Pourquoi Christ a-t-il dû souffrir la mort?

Parce que, à cause de la justice et de la vérité de Dieu (Gn 2.17), il n’était pas possible de payer pour nos péchés autrement que par la mort du Fils de Dieu (He 2.9, 14s.).

Q. 41: Pourquoi a-t-il été enseveli?

Pour montrer par là qu’il était vraiment mort (Mt 27.59s.; Lc 23.50-53; Jn 19.38-42; Ac 13.29).

Q. 42: Mais puisque Christ est mort pour nous, comment se fait-il que nous aussi nous devions mourir?

Notre mort n’est pas un payement pour notre péché, mais seulement une mort aux péchés et une entrée dans la vie éternelle an 5 24; Ph 1.23; Rm 7.24).

Q. 43: Quel profit retirons-nous encore du sacrifice et de la mort du Christ sur la croix?

Que par sa puissance notre vieil homme est crucifié, mis à mort et enseveli avec lui (Rm 6.6-8, 11s.; Col 2.12), pour que les néfastes convoitises de la chair ne règnent plus en nous (Rm 6.12), mais que nous nous offrions nous-mêmes à lui en sacrifice d’actions de grâce (Rm 12.1).

Q. 44: Pourquoi ajoute-t-on « il est descendu aux enfers »?

Pour que dans mes plus grandes tentations je sois assuré que mon Seigneur Christ, par son angoisse indicible, par les douleurs et les frayeurs qu’il a souffertes dans son âme également, sur la croix et auparavant, m’a délivré de la peur et des souffrances infernales (Es 53.10; Mt 27.46).

Q. 45: A quoi nous sert la résurrection du Christ?

Premièrement, il a triomphé de la mort par sa résurrection, afin de pouvoir nous rendre participants à la justice qu’il nous a acquise par sa mort (1 Co 15.17, 54s.; Rm 4.25; 1 P 1.3, 21). Deuxièmement, nous sommes aussi, dès maintenant, réveillés par sa puissance à une vie nouvelle (Rm 6.4; Col 3.1-5; Ep 2.5). Troisièmement, la résurrection du Christ nous est un gage certain de notre bienheureuse résurrection (1 Co 15.12; Rm 8.11).

Q. 46: Comment comprends-tu qu' »il est monté au ciel »?

Que Christ a été élevé, sous les yeux de ses disciples, de la terre au ciel (Ac 1.9; Mt 26.64; Mc 16.19; Lc 24.51), et qu’il y est pour notre bien (He 4.14; 7.25; 9.24ss.; Rm 8.34; Ep 4.10; Col 3.1), jusqu’à ce qu’il revienne pour juger les vivants et les morts (Ac 1.11; Mt 24.30).

Q. 47: Christ n’est-il donc pas avec nous jusqu’à la fin du monde, comme il nous l’a promis (Mt 28.20)?

Christ est vrai homme et vrai Dieu. Selon sa nature humaine il n’est pas à présent sur terre (Mt 26.11; Jn 16.28; 17.11; Ac 3.21); mais selon sa divinité, sa majesté, sa grace et son Esprit, il ne s’éloigne jamais de nous (Jn 14.17ss.; 16.13; Mt 28.20; Ep 4.8).

Q. 48: Mais alors ne sépare-t-on pas les deux natures en Christ l’une de l’autre, si son humanité n’est pas partout, alors que sa divinité l’est?

Nullement,car puisque la divinité est infinie et partout présente (Ac 7.49; Jr 23.24), il doit s’ensuivre qu’elle est bien hors de l’humanité qu’elle a assumée, et pourtant elle n’en est pas moins aussi dans celle-ci et elle lui reste personnellement unie (Col 2.9; Jn 3.13; 11.15; Mt 28.6).

Q. 49: A quoi nous sert l’ascension de Christ?

Premièrement, à ce qu’il est notre intercesseur au ciel devant son Père (1 Jn 2.1; Rm 8.34). Deuxièmement, à ce que nous avons notre chair au ciel comme gage assuré que lui, la tete, nous élèvera aussi à lui, nous ses membres (Jn 14.2; 20.17; Ep 2.6). Troisièmement, à ce qu’il nous envoie à son tour son Esprit comme gage (Jn 14.16; Ac 2.1ss., 33; 2 Co 1.22; 5.5) par la puissance duquel nous cherchons ce qui est en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu, et non ce qui est sur terre (Col 3.1; Ph 3.20-21).

Q. 50: Pourquoi ajoute-t-on qu' »il s’est assis à la droite de Dieu »?

Parce que Christ est monté au ciel, afin de s’y manifester comme le chef de son Eglise universelle (Ep 1.20-23; Col 1.18), par lequel le Père gouverne toutes choses (Mt 28.18; Jn 5.22).

Q. 51: A quoi nous sert cette glorieuse seigneurie de Christ, notre chef?

Premièrement, à ce que, par son Saint-Esprit, il répande en nous ses membres les dons célestes (Ep 4.10); ensuite, à ce que, par sa puissance, il nous protège et nous maintienne face à tous nos ennemis (Ps 2.9; Jn 10.28; Ep 4.8).

Q. 52: Qu’est-ce qui te console dans le retour de Christ pour juger les vivants et les morts?

Que dans toute détresse et persécution, j’attends du ciel la tête haute, comme juge, celui-là même qui s’est auparavant présenté pour moi devant le tribunal de Dieu et qui a emporté loin de moi toute malédiction (Lc 21.28; Rm 8.23; Ph 3.20; Tt 2.2, 13); qu’il jette dans la damnation éternelle tous ses ennemis et les miens (2 Th 1 6-10; 1 Th 4.16; Mt 25.41-43), mais moi qu’il me prenne avec lul avec tous les élus dans la joie et la gloire célestes (Mt 25.34).

DE DIEU LE SAINT-ESPRIT

Q. 53: Que crois-tu « du Saint-Esprit »?

Premièrement, qu’il est avec le Père et le Fils également Dieu éternel (Gn 1.2; Es 48.16; 1 Co 3.16; 6.19; Ac 5.3s.). Deuxièmement, qu’il m’est aussi donné à moi (Mt 28.19; 2 Co 1.21s.), pour me rendre participant, par une vraie foi, de Christ et de tous ses bienfaits (Ga 3.14; 1 P 1.2; 1 Co 6.17); qu’il me console (Ac 9.31) et qu’il demeurera auprès de moi pour l’éternité (Jn 14.16; 1 P 4.14).

Q. 54: Que crois-tu de « la Sainte Eglise universelle »?

Que depuis le commencement du monde et jusqu’à la fin (Ps 71.18; 1 Co 11.26), le Fils de Dieu (Jn 10.11), par son Esprit et sa parole (Es 59.21; Rm 1.16; 10.14-17; Ep 5.26), rassemble, protège et maintient (Mt 16.18; Jn 10.28-30; 1 Co 1.8s.), dans l’unité de la vraie foi (Ac 2.46; Ep 4.3-6), une communauté élue pour lui de tout le genre humain (Gn 26.4) en vue de la vie éternelle (Rm 8.29s.; Ep 1.10-13). De cette communauté je suis membre vivant (1 Jn 3.21) et le resterai éternellement (1 Jn 2.19).

Q. 55: Que comprends-tu par « la communion des saints »?

Premièrement, que tous les croyants en général et chacun en particulier, en tant que ses membres, participent au Seigneur Christ et à tous ses trésors et dons (1 Jn 1.3; 1 Co 1.9; Rm 8.32).Deuxièmement, que chacun doit se savoir tenu d’employer de bon coeur et avec joie ses dons pour le bien et le salut des autres membres (1 Co 12.12-13, 21; 13.5; Ph 2.4-6).

Q. 56: Que crois-tu de « la rémission des péchés »?

Que Dieu, à cause de la satisfaction de Christ (1 Jn 2.2; 2 Co 5.19, 21), ne veut plus jamais se souvenir de tous mes péchés ni de la nature pécheresse contre laquelle j’ai à lutter tout le cours de ma vie (Jr 31.34; Ps 103.3s., 10, 12; Rm 7.24-25; 8.1-4), mais qu’il m’offre par grâce la justice de Christ, de sorte que je ne doive plus jamais venir en jugement (Jn 3.18).

Q. 57: Quelle consolation te donne « la résurrection de la chair »?

Que non seulement mon âme après cette vie sera aussitôt emmenée vers Christ son chef (Lc 23.43; Ph 1.23), mais que ma chair aussi sera ressuscitée par la puissance du Christ et réunie à nouveau avec mon âme et deviendra conforme au corps glorieux de Christ (1 Co 15.53s.; Jb 19.25s.; 1 Jn 3.2; Ph 3.21).

Q. 58: Quelle consolation te donne l’article de « la vie éternelle »?

Que, de même que maintenant je ressens dans mon coeur le commencement de la joie éternelle (2 Co 5.2s.), de même après cette vie je posséderai la félicité parfaite qu’aucun oeil n’a vue, qu’aucune oreille n’a entendue et qui n’est jamais montée dans le coeur d’aucun homme (1 Co 2.9), et cela pour louer Dieu éternellement (Jn 17.3).

Q. 59: A quoi te sert-il donc de croire tout cela?

A être justifié en Christ devant Dieu et à être héritier de la vie éternelle (Ha 2.4; Rm 1.17; Jn 3.36).

Q. 60: Comment es-tu justifié devant Dieu?

Seulement par une vraie foi en Jésus-Christ (Rm 3.21s., 24s., 28; Ga 2.16; Ep 2.8s.; Ph 3.9). Voici comment: ma conscience m’accuse d’avoir gravement péché contre tous les commandements de Dieu, de n’en avoir jamais observé aucun (Rm 3.9), et d’être encore continuellement enclin à tout mal (Rm 7.23). Néanmoins, sans aucun mérite de ma part (Tt 3.5), par pure grâce (Rm 3.24; Ep 2.8), Dieu m’offre (1 Jn 2.2) et m’impute (Rm 4.4s.; 2 Co 5.19) la parfaite satisfaction, justice et sainteté du Christ (1 Jn 2.2), comme si je n’avais jamais commis ni eu aucun péché et comme si j’avais moi-même accompli toute l’obéissance que Christ a acquittée pour moi (2 Co 5.21), à la seule condition que je reçoive ce bienfait d’un coeur croyant (Rm 3.22; Jn 3.18).

Q. 61: Pourquoi dis-tu que tu es justifié par la foi seule?

Ce n’est pas que je plaise à Dieu à cause de la dignité de ma foi, mais bien parce que la satisfaction, justice et sainteté de Christ sont seules ma justice devant Dieu (1 Co 1.30; 2.2), et que je ne puis les recevoir ni me les approprier autrement que par la foi (1 Jn 5.10).

Q. 62: Pourquoi donc nos bonnes oeuvres ne peuvent-elles être notre justice devant Dieu, ou du moins en être une partie?

Parce que la justice, pour pouvoir subsister devant le jugement de Dieu, doit être parfaite et entièrement conforme à la loi divine (Ga 3.10; Dt 27.26), alors que même les oeuvres meilleures en cette vie sont toutes imparfaites et entachées de péché (Es 64.6).

Q. 63: Nos bonnes oeuvres ne méritent-elles donc rien, quand pourtant Dieu veut les récompenser dans cette vie et dans la vie future?

Cette récompense n’est pas donnée par mérite, mais par grâce (Lc 17.10).

Q. 64: Mais cette doctrine ne rend-elle pas les gens négligents et impies?

Non, car il est impossible que ceux qui sont implantés en Christ par une vraie foi ne portent pas des fruits de reconnaissance (Mt 7.18).

DES SAINTS SACREMENTS

Q. 65: Puisque seule la foi nous rend participants à Christ et à tous ses bienfaits, d’où vient une telle foi?

Le Saint-Esprit la produit dans nos coeurs (Ep 2.8s.; Jn 3.5) par la prédication du saint Evangile et la confirme par la célébration des saints sacrements (Mt 28.19s.; 1 P 1.22s.).

Q. 66: Qu’est-ce que les sacrements?

Ce sont des signes et sceaux visibles et saints institués par Dieu, afin que par leur célébration il nous donne de mieux comprendre la promesse de l’Evangile et la scelle pour nous, à savoir qu’à cause du sacrifice unique du Christ accompli sur la croix, il nous offre par grâce le pardon des péchés et la vie éternelle (Gn 17.11; Rm 4.11; Dt 30.6; Lv 6.25; He 9.8s., 24; Ez 20.12).

Q. 67: La parole et les sacrements ont-ils donc pour fin de diriger notre foi vers le sacrifice de Jésus-Christ sur la croix, comme vers l’unique fondement de notre salut?

Oui, assurément car le Saint-Esprit enseigne dans l’Evangile et confirme par les saints sacrements que notre salut tout entier repose sur l’unique sacrifice du Christ accompli pour nous sur la croix (Rm 6.3; Ga 3.27).

Q. 68: Combien de sacrements Christ a-t-il institués dans le Nouveau Testament?

Deux: le saint baptême et la sainte cène.

DU SAINT BAPTEME

Q. 69: Comment le saint baptême te rappelle-t-il et t’assure-t-il que l’unique sacrifice de Christ sur la croix est pour ton bien?

Parce que Christ a institué ce bain extérieur (Mt 28.19s.; Ac 2.38) et y a joint la promesse (Mt 3.11; Mc 16.16; Rm 6.3s.) que par son sang et par son Esprit je suis lavé de l’impureté de mon âme, c’est-à-dire de tous mes péchés, aussi certainement que je suis lavé extérieurement par l’eau qui sert d’ordinaire à enlever la saleté du corps (Mc 1.4; Lc 3.3).

Q. 70: Que signifie être lavé par le sang et par l’Esprit de Christ?

C’est avoir la rémission des péchés par la grâce de Dieu à cause du sang que Christ a versé pour nous dans son sacrifice sur la croix (He 12.24; 1 P 1.2; Ap 1.5; Za 13.1; Ez 36.25). C’est aussi être renouvelé et sanctifié par le Saint-Esprit qui fait de nous des membres de Christ, afin que nous mourions de plus en plus au péché et menions une vie sainte et irrépréhensible (Jn 1.33; 3.5; 1 Co 6.11; 12.13; Rm 6.4; Col 2.12).

Q. 71: Où Christ a-t-il promis que nous sommes lavés par son sang et son Esprit aussi certainement que nous le sommes par l’eau du baptême?

Dans l’institution du baptême qui dit: « Allez donc; de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28.19). « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16.16). Cette promesse est aussi répétée lorsque l’Ecriture appelle le baptême « le bain de la nouvelle naissance » (Tt 3.5) et « la purification des péchés » (Ac 22.16).

Q. 72: Le bain extérieur est-il donc en lui-même la purification des péchés?

Non (Mt 3.11; 1 P 3.21; Ep 5.26s.), car seuls le sang de Jésus-Christ et le Saint-Esprit nous purifient de tous péchés (1 Jn 1.7; 1 Co 6.11).

Q. 73: Pourquoi donc le Saint-Esprit appelle-t-il le baptême le bain de la nouvelle naissance et la purification des péchés?

Dieu ne parle pas ainsi sans grande raison, car non seulement il veut nous apprendre par là que, tout comme la saleté du corps est enlevée par l’eau, de même nos péchés le sont par le sang et l’Esprit du Christ (Ap 1.5; 7.14; 1 Co 6.11); mais bien plus, il veut nous assurer par ce gage et ce signe divins que nous sommes aussi véritablement lavés spirituellement de nos péchés que nous le sommes corporellement par l’eau (Mc 16.16; Ga 3.17).

Q. 74: Faut-il aussi baptiser les jeunes enfants?

Oui, car ils appartiennent comme les adultes à l’alliance de Dieu et à son Eglise (Gn 17.7) et la rémission des péchés dans le sang du Christ (Mt 19.14), ainsi que le Saint-Esprit qui produit la foi, ne leur sont pas moins promis qu’à eux (Lc 1.14s.; Ps. 22.11; Es 44.1-3; Ac 2.39). Ils doivent donc aussi être incorporés à l’Eglise chrétienne par le baptême, signe de l’alliance, et être distingués des enfants des incroyants (Ac 10.47), comme cela s’est pratiqué sous l’Ancien Testament par la circoncision (Gn 17.14), à la place de laquelle le baptême a été institué dans le Nouveau Testament (Col 2.11-13).

DE LA SAINTE CENE DE JESUS-CHRIST

Q. 75: Comment la sainte cène te rappelle-t-elle et t’assure-t-elle que tu as part à l’unique sacrifice de Christ sur la croix et à tous ses biens?

En ce que Christ m’a commandé, à moi et à tous les croyants, de manger de ce pain rompu et de boire de cette coupe en sa mémoire.Il y a également joint ses promesses (Mt 26.26ss.; Mc 14.22ss.; Lc 22.19ss.; 1 Co 10.16ss.; 11.23-25): d’une part, aussi vrai que je vois de mes yeux le pain du Seigneur être rompu pour moi et la coupe m’être donnée, aussi vrai son corps a été offert et rompu pour moi sur la croix et son sang versé pour moi. D’autre part, aussi vrai que je reçois de la main du ministre et que corporellement je mange le pain et bois la coupe du Seigneur qui me sont donnés comme signes certains du corps et du sang de Christ, aussi vrai lui-même nourrit et désaltère mon âme pour la vie éternelle par son corps crucifié et son sang répandu.

Q. 76: Que veut dire manger le corps crucifié de Christ et boire son sang répandu?

C’est accepter d’un coeur croyant toute la passion et la mort de Christ et recevoir ainsi la rémission des péchés et la vie éternelle (Jn 6.35, 40, 47s., 50s., 53s.). C’est aussi être uni toujours plus étroitement au corps béni de Christ par le Saint-Esprit qui habite en Christ comme en nous (Jn 6.55s.), de sorte que nous soyons chair de sa chair et os de ses os (Ep 3.16-17; 5.29s., 32; 1 Co 6.15, 17, 19; 1 Jn 3.24; 4.13), alors même qu’il est au ciel (Ac 3.21; 1 Co 11.26) et nous sur la terre. De cette façon un seul Esprit – comme l’âme le fait pour les membres du corps – nous gouverne et nous fait vivre éternellement (Jn 14.23; 6.56-58; 15.1-6; Ep 4.15-16).

Q. 77: Où Christ a-t-il promis aux croyants de les nourrir de son corps et de les désaltérer de son sang, aussi certainement qu’ils mangent de ce pain rompu et boivent de cette coupe?

Dans l’institution de la cène qui dit ceci (1 Co 11.23-25; Mt 26.26-28; Mc 14.22-24; Lc 22.19s.): « Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit: « Ceci est mon corps, qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi. » Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant: « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; faites cela toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » Et cette promesse est aussi répétée par saint Paul quand il dit (1 Co 10.16s.): « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas la communion au sang de Christ? Le pain que nous rompons n’est-il pas la communion au corps de Christ? Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes un seul corps; car tous nous participons à cet unique pain. »

Q. 78: Le pain et le vin deviennent-ils donc essentiellement le corps et le sang de Christ?

Non, mais comme dans le baptême, l’eau n’est pas changée en sang de Christ, ou ne devient pas la purification même des péchés, mais en est seulement un signe et un gage divins (Mt 26.29; Mc 14.24), de même dans la cène le pain sacré ne devient pas le corps même de Christ (1 Co 10.16s.; 11.26-28), bien que, suivant la nature et l’usage des sacrements (Gn 17.10s.; 14.19; Ex 12.27, 43, 48; Tt 3.5; 1 P 3.21; 1 Co 10.1-4), il soit appelé le corps de Christ.

Q. 79: Pourquoi alors Christ appelle-t-il le pain son corps, et la coupe son sang ou la nouvelle alliance en son sang, et saint Paul parle-t-il de la communion au corps et au sang de Jésus-Christ?

Christ ne parle pas ainsi sans grande raison: par là il veut nous enseigner non seulement que, comme le pain et le vin entretiennent la vie présente, de même son corps crucifié et son sang versé sont la vraie nourriture et le vrai breuvage de nos âmes pour la vie éternelle (Jn 6.51, 55); mais bien plus il veut nous assurer par ce signe et gage visible que nous sommes faits participants de son vrai corps et de son vrai sang par l’action du Saint-Esprit, aussi véritablement que nous recevons par la bouche du corps ces signes sacrés en mémoire de lui (1 Co 10.16-17); et enfin qu’ainsi toute sa passion et son obéissance nous appartiennent aussi certainement que si nous avions souffert et satisfait nous-mêmes pour nos péchés.

Q. 80: Quelle différence y a-t-il entre la cène du Seigneur et la messe papale?

La cène nous atteste que nous avons rémission entière de tous nos péchés par l’unique sacrifice de Jésus-Christ, qu’il a lui-même accompli une fois pour toutes sur la croix (He 7.26; 9.12, 25-28; 10.10, 12-14; Jn 19.30; Mt 26.28; Lc 22.19s.), et que par le Saint-Esprit nous sommes incorporés à Christ (1 Co 6.17; 10.16), qui se trouve maintenant, avec son vrai corps, au ciel à la droite du Père (He 1.3; 8.1s.) et veut y être adoré (Jn 4.21-24; 20.17; Lc 24.52; Ac 7.55-56; Col 3.1; Ph 3.20s.; 1 Th 1.10).

La messe, en revanche, enseigne que les vivants et les morts n’ont la rémission des péchés par la passion de Christ que si Christ est en outre quotidiennement sacrifié pour eux par des prêtres qui célèbrent les messes; de plus elle enseigne que Christ se trouve corporellement sous les espèces du pain et du vin et que, par conséquent, il doit y être adoré. Ainsi la messe n’est au fond rien d’autre qu’une négation de l’unique sacrifice et passion de Jésus-Christ (in Canone Missae. De consecrat. distinct. 2 [Corpus juris canonici, Decreti Gratiani tertia pars, De Consecratione, dist. 2 c. 42, éd. Friedberg, I, col. 1328s.]; He 9.6-10; 10.19-31) et qu’une maudite idolâtrie.

Q. 81: Quels sont ceux qui doivent venir à la table du Seigneur?

Ceux qui se déplaisent à eux-mêmes à cause de leurs péchés, qui croient pourtant que ceux-ci leur sont pardonnés et que la faiblesse qui reste en eux est couverte par la passion et la mort de Christ, et qui désirent aussi affermir de plus en plus leur foi et améliorer leur vie. Mais les impénitents et les hypocrites mangent et boivent leur propre condamnation (1 Co 10.19-21; 11.28s.).

Q. 82: Faut-il aussi admettre à la cène ceux qui par leur confession et leur vie se montrent incrédules et impies?

Non, car ainsi l’alliance de Dieu est profanée et sa colère excitée contre toute la communauté (1 Co 11.20, 34; Es 1.11-15; 66.3; Jr 7.21-23; Ps 50.16-23). C’est pourquoi, suivant l’ordonnance de Christ et de ses apôtres, l’Eglise est tenue d’exclure ces incrédules et ces impies par le ministère des clefs jusqu’à ce qu’ils améliorent leur vie.

Q. 83: Qu’est-ce que le ministère des clefs?

C’est la prédication du saint Evangile et la discipline ecclésiastique. Par ces deux moyens, le Royaume des cieux est ouvert aux croyants et fermé aux incrédules (Mt 16.18s.; 18.15- 18).

Q. 84: Comment le Royaume des cieux est-il ouvert et fermé par la prédication du saint Evangile?

En annonçant et en attestant publiquement, selon l’ordre de Christ, à tous les fidèles en général et à chacun en particulier que toutes les fois qu’ils embrassent la promesse de l’Evangile par une vraie foi, tous leurs péchés leur sont véritablement pardonnés par Dieu à cause du mérite de Christ. Et au contraire en annonçant et en attestant publiquement aux incrédules et aux hypocrites que la colère de Dieu et la réprobation éternelle pèsent sur eux tant qu’ils ne se convertissent pas (Jn 20.21-23; Mt 16.19). Suivant ce témoignage de l’Evangile Dieu jugera aussi bien dans cette vie que dans celle à venir.

Q. 85: Comment le Royaume des cieux est-il ouvert et fermé par la discipline ecclésiastique?

En dénonçant, suivant l’ordre de Christ, à l’Eglise ou à ceux qu’elle a établis pour cela, ceux qui sous couvert du nom de chrétiens enseignent ou se conduisent d’une manière qui n’est pas chrétienne et qui en dépit de plusieurs avertissements fraternels ne renoncent pas à leurs erreurs ou à leurs vices. S’ils ne se rendent pas à l’exhortation de l’Eglise ou de ses ministres, ils sont exclus par ces derniers de la communauté chrétienne au moyen de l’interdiction des saints sacrements et par Dieu lui-même du Royaume du Christ. Ils sont reçus à nouveau comme membres de Christ et de l’Eglise s’ils promettent et manifestent qu’ils vont véritablement s’amender (Mt 18.15-18; 1 Co 5.2-5; 2 Th 3.14s.; 2 Jn 10s.).

Troisième partie: DE LA RECONNAISSANCE

Q. 86: Puisque nous sommes délivrés de notre misère sans aucun mérite de notre part par la grâce de Christ, pourquoi devons-nous faire de bonnes oeuvres?

Parce que Christ, après nous avoir rachetés par son sang, nous renouvelle aussi par son Saint-Esprit à son image, pour que nous nous montrions reconnaissants envers Dieu pour ses bienfaits par toute notre vie (Rm 6.13; 12.1s.; 1 P 2.5, 9s.; 1 Co 6.20) et en outre que nous le glorifiions (Mt 5.16; 1 P 2.12); pour que nous aussi nous soyons assurés de notre foi par les fruits qu’elle porte (1 P 1.6-7; Mt 7.17; Ga 5.6, 22s.) et que par la sainteté de notre conduite nous gagnions nos prochains à Christ (1 P 3.1-2; Rm 14.19).

Q. 87: Ne peuvent-ils alors être sauvés, ceux qui ne se convertissent pas à Dieu mais persistent dans leur conduite ingrate et impénitente?

En aucune manière, car l’Ecriture dit: Aucun débauché, idolâtre, adultère, voleur, accapareur, ivrogne, calomniateur, escroc, ou autre semblable n’héritera le Royaume de Dieu (1 Co 6.9-10; Ep 5.5s.; 1Jn3.14).

Q. 88: En combien de parties consiste la véritable repentance ou conversion de l’homme?

En deux parties: la mortification du vieil homme (Rm 6.4-6; Ep 4.22-24; Col 3.5-10; 1 Co 5.7), et la résurrection de l’homme nouveau.

Q. 89: Qu’est-ce que la mortification du vieil homme?

C’est être affligé de tout coeur à cause du péché, le haïr et le fuir de plus en plus (Rm 8.13; Jl 2.13).

Q. 90: Qu’est-ce que la résurrection de l’homme nouveau?

C’est se réjouir de tout coeur en Dieu par Christ (Rm 5.1; 14.17; Es 57.15), et désirer et aimer une vie faite de toutes les bonnes oeuvres selon la volonté de Dieu (Rm 6.10-11; Ga 2.20).

Q. 91: Quelles sont donc les bonnes oeuvres?

Celles-là seules qui procèdent d’une vraie foi (Rm 14.23), qui sont faites selon la Loi de Dieu (1 S 15.22; Ep 2.10) et pour sa gloire (1 Co 10.31); et non celles qui se font selon notre guise ou qui se fondent sur des lois humaines (Dt 12.32; Ez 20.18s.; Es 29.13; Mt 15.9).

DES DIX COMMANDEMENTS DE LA LOI DE DIEU

Q. 92: Que dit la Loi de Dieu?

Le premier commandement: Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. Tu n’auras point d’autre Dieu devant ma face.

Le second commandement: Tu ne te feras point d’image taillée, ni aucune représentation des choses qui sont en haut dans le ciel, ici-bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car je suis le Seigneur ton Dieu, un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants, jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fait miséricorde jusqu’à mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements.

Le troisième commandement: Tu ne prendras point le nom du Seigneur ton Dieu en vain, car le Seigneur ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son nom en vain.

Le quatrième commandement: Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage; mais le septième jour est le repos du Seigneur ton Dieu; tu ne feras aucun ouvrage en ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs. Car le Seigneur a fait en six jours les cieux, la terre, la mer et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du repos et l’a sanctifié.

Le cinquième commandement: Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donne.

Le sixième commandement: Tu ne tueras point.

Le septième commandement: Tu ne commettras point d’adultère.

Le huitième commandement: Tu ne déroberas point.

Le neuvième commandement: Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain.

Le dixième commandement: Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit à ton prochain (Ex20.2-17; Dt 5.6-21).

Q. 93: Comment divise-t-on ces commandements?

En deux tables (Ex 34.28; Dt 4.13; 10.3s.), dont la première nous enseigne en quatre commandements comment nous devons nous conduire envers Dieu, la seconde, en six commandements, quels sont nos devoirs envers notre prochain (Mt 22.37-39).

Q. 94: Qu’est-ce que Dieu exige dans le premier commandement?

Sous peine de perdre le salut et la félicité de mon âme, je dois éviter et fuir toute idolâtrie (1 Co 6.9s.; 10.7, 14), sorcellerie, incantation superstitieuse (Lv 19.31; Dt 18.10-12), invocation des saints ou d’autres créatures (Mt 4.10; Ap 19.10; 22.8s.); en revanche je dois reconnaître véritablement le seul vrai Dieu (Jn 17.3), mettre ma confiance en lui seul (Jr 17.5), attendre de lui seul tout bien (Ps 104.27-30; Es 45.7; Jc 1.17), en toute humilité (1 P 5.5s.) et patience (He 10.36; Col 1.11; Rm 5.3-4; 1 Co 10.10; Ph 2.14), et l’aimer (Dt 6.5; Mt 22.37), l’honorer (Dt 6.2; Ps 111.10; Pr 1.7; 9.10; Mt 10.28) et le craindre (Mt 4.10; Dt 10.20s.) de tout coeur, en sorte que je renonce plutôt à toutes les créatures, que de faire la moindre chose contre sa volonté (Mt 5.29s.; 10.37; Ac 5.29).

Q. 95: Qu’est-ce que l’idolâtrie?

C’est inventer ou avoir, à la place du seul vrai Dieu qui s’est révélé dans sa Parole, ou à côté de lui, quelque autre chose en qui l’on met sa confiance (Ep 5.5; 1 Ch 16.26; Ph 3.19; Ga 4.8; Ep 2.12; 1Jn2.23;2Jn9;Jn5.23).

Q. 96: Quelle est la volonté de Dieu dans le deuxième commandement?

Que nous ne représentions Dieu d’aucune manière (Dt 4.15-19; Es 40.18-25; Rm 1.23s.; Ac 17.29) et que nous ne lui rendions aucun autre culte que celui qu’il a commandé dans sa Parole (1 S 15.23; Dt 12.30-32; Mt 15.9).

Q. 97: Ne faut-il donc faire aucune image?

Dieu ne peut ni ne doit être représenté d’aucune manière. Quant aux créatures, encore qu’on puisse les représenter, Dieu défend d’en faire ou d’en posséder aucune image destinée à être honorée ou employée dans le culte qu’on lui rend (Ex 23.24s.; 34.13s.; Nb 33.52; Dt 7.5; 12.3; 16.22; 2 R 18.3s.).

Q. 98: Ne peut-on pas tolérer les images dans les églises comme livres pour les ignorants?

Non, car nous ne devons pas être plus sages que Dieu, qui veut instruire son Eglise non par des idoles muettes ar 10.8; Ha 2.18s.), mais par la prédication vivante de sa Parole (2 P 1.19; 2 Tm 3.16s.).

Q. 99: Que veut le troisième commandement?

Que nous ne blasphémions ni ne profanions le nom de Dieu en sacrant (Lv 24.11 -16) ou en prêtant de faux serments (Lv 19.12), ni en jurant de manière superflue (Mt 5.37; Jc 5.12), et que même nous ne nous rendions pas complices d’un si horrible péché par notre silence et notre connivence. En un mot, que nous n’ayons le saint nom de Dieu à la bouche qu’avec crainte et vénération (Es 45.23), afin qu’il soit véritablement confessé (Mt 10.32), invoqué (1 Tm 2.8) et glorifié dans toutes nos paroles et nos oeuvres (Rm 2.24; 1 Tm 6.1; Col 3.16s.).

Q. 100: Est-ce donc un si grand péché de blasphémer le nom de Dieu en jurant et en sacrant, que Dieu s’irrite même contre ceux qui ne contribuent pas dans la mesure du possible à l’empêcher et l’interdire?

Oui, assurement (Lv 5.1). Car il n’y a pas de plus grand péché, ni de chose qui irrite davantage Dieu que le blasphème de son nom. C’est pourquoi aussi il a ordonné de le punir de mort (Lv 24.15s.).

Q. 101: Mais peut-on cependant prêter serment par le nom de Dieu sans risquer son salut?

Oui, lorsque le magistrat l’exige de ses sujets ou que la nécessité le demande pour maintenir et promouvoir la fidélité et la vérité, pour la gloire de Dieu et le salut du prochain. Car de tels serments sont fondés dans la Parole de Dieu (Dt 6.13; 10.20; Es 48.1; He 6.16), et par conséquent les saints, tant sous l’ancienne que sous la nouvelle alliance, en ont fait un juste usage (Gn 21.24; 31.53s.; Jos 9.15-19; 1 S 24.22-23; 2 S 3.35; 1 R 1.28-30; Rm 1.9; 2 Co 1.23).

Q. 102: Peut-on aussi prêter serment par les saints ou par d’autres créatures?

Non. Car un serment légitime est une invocation de Dieu pour que lui qui seul connaît les coeurs veuille rendre témoignage à la vérité et me punir si je prête un faux serment (2 Co 1.23); or cet honneur ne revient de droit à aucune créature (Mt 5.34-36; Jc 5.12).

Q. 103: Qu’est-ce que Dieu exige dans le quatrième commandement?

Dieu veut premièrement que le ministère de la Parole et les écoles se maintiennent (Tt 1.5; 1 Tm 3.14-15; 4.13; 5.17; 1 Co 9.11, 13s.; 2 Tm 2.2; 3.15) et que je fréquente assidûment les saintes assemblées (Ps 40.10s.; 68.27; Ac 2.42, 46), surtout le jour férié, pour y recevoir la Parole de Dieu (1 Co 14.19, 29-31) et pour participer aux saints sacrements (1 Co 11.33), pour invoquer publiquement le Seigneur (1 Tm 2.1-3, 8ss.; 1 Co 14.16) et pour faire l’aumône chrétienne (1 Co 16.2). Dieu veut, secondement, que tous les jours de ma vie je cesse mes mauvaises oeuvres, pour laisser le Seigneur oeuvrer en moi par son Esprit, et qu’ainsi je commence dans cette vie à vivre le sabbat éternel (Es 66.23).

Q. 104: Qu’est-ce que Dieu exige dans le cinquième commandement?

Que je rende à mon père et à ma mère et à tous mes supérieurs honneur, amour et fidélité et que je me soumette avec due obéissance (Ep 5.22; 6.1-4; Col 3.18, 20-24; Pr 1.8; 4.1, 15, 20; 20.20; Ex 21.17; Rm 13.1ss.) à toutes leurs bonnes instructions et corrections, supportant aussi patiemment leurs défauts (Pr 23.22; Gn 9.24s.; 1 P 2.18), puisque Dieu veut nous gouverner par leur main (Ep 6.4, 9; Col 3.19, 21; Rm 13.1ss.; Mt 22.21).

Q. 105: Qu’est-ce que Dieu exige dans le sixième commandement?

Que je n’injurie, haïsse, offense ni ne tue mon prochain (Mt 5.21s.; 26.52; Gn 9.6) en pensées, paroles, ou gestes et encore moins en actes, soit moi-même, soit par l’entremise d’un autre, mais que je renonce à tout désir de vengeance (Ep 4.26; Rm 12.19; Mt 5.25; 18.35); que je ne me fasse pas non plus de mal à moi-même ni ne me précipite au-devant du danger (Rm 13.14; Col 2.23; Si 3.27; Mt 4.7). C’est aussi pourquoi le magistrat porte l’épée afin d’empêcher tout homicide (Gn 9.6; Ex 21.14; Mt 26.52; Rm 13.4).

Q. 106: Ce commandement ne parle-t-il que de l’homicide?

En défendant l’homicide, Dieu veut nous enseigner qu’il en hait la racine, tels l’envie (Rm 1.29-32), la haine (1 Jn 2.9, 11), la colère (Jc 2.13; Ga 5.19-21) et le désir de vengeance, et que tout cela n’est à ses yeux qu’un homicide camouflé (1 Jn 3.15).

Q. 107: Suffit-il alors de ne pas tuer notre prochain, comme on vient de le dire?

Non; car en condamnant l’envie, la haine et la colère, Dieu veut obtenir de nous que nous aimions notre prochain comme nous- mêmes (Mt 7.12; 22.39) et lui témoignions patience, paix, douceur (Ep 4.2; Ga 6.1-2; Mt 5.5, 9; Rm 12.18), miséricorde (Mt 5.7; Lc 6.36) et bienveillance (Rm 12.10, 15), que nous le gardions, autant qu’il nous est possible, de tout dommage (Ex 23.5), et que nous fassions du bien même à nos ennemis (Mt 5.44s.; Rm 12.20-21).

Q. 108: Que dit le septième commandement?

Que toute impureté est maudite de Dieu (Lv 18.27s.) et que, par conséquent, nous devons la détester du fond du coeur (Jude 23) et vivre de manière chaste et ordonnée (1 Th 4.3-5), soit dans le saint état du mariage, soit hors de celui-ci (He 13.4; 1 Co 7.1ss., 25ss.).

Q. 109: Dieu ne défend-il dans ce commandement que l’adultère et de semblables infamies?

Puisque tant notre corps que notre âme sont le temple du Saint- Esprit, Dieu exige que nous les conservions l’un et l’autre purs et saints. Pour cela, il défend toute impureté dans nos actions, gestes, paroles (Ep 5.3-4; 1 Co 6.18-20), pensées, désirs (Mt 5.27-32), et tout ce qui peut nous y entraîner (Ep 5.18; 1 Co 15.33).

Q. 110: Qu’est-ce que Dieu défend dans le huitième commandement?

Dieu défend non seulement le vol (1 Co 6.10) et les exactions (1 Co 5.10) que punit le magistrat, mais il nomme ainsi tous les mauvais coups et machinations par lesquels nous tâchons de nous emparer du bien de notre prochain, que ce soit par la force, ou avec l’apparence du droit (Lc 3.14; 1 Th 4.6), comme par de faux poids (Pr 11.1; 16.11), mesures, métrages (Ez 45.9ss.; Dt 25.13ss.), marchandises et monnaies, par usure (Ps 15.5; Lc 6.35) ou par quelque autre moyen défendu de Dieu. De même, il défend tant l’avarice (1 Co 6.10) que le gaspillage de ses dons (Pr 5.16).

Q. 111: Et à toi, qu’est-ce que Dieu ordonne dans ce commandement?

De rechercher, autant que possible, l’avantage de mon prochain, d’agir envers lui comme je voudrais qu’on agisse envers moi (Mt 7.12), et de m’appliquer à assister l’indigent dans sa détresse (Ep 4.28).

Q. 112: Qu’exige le neuvième commandement?

Que je ne porte de faux témoignage (Pr 19.5-6, 9; 21.28) ni ne travestisse les paroles de personne (Ps 15.3), que je ne médise ni ne calomnie (Rm 1.29s.), que je ne favorise pas une condamnation prononcée à la légère et sans l’audition du prévenu (Mt 7.1s.; Lc 6.37), mais que j’évite tout mensonge et toute tromperie comme autant d’oeuvres du diable (Jn 8.44), sous peine de m’attirer toute la colère de Dieu (Pr 12.22; 13.5). Que, au tribunal ou ailleurs, j’aime la vérité, la dise et la confesse sincèrement (1 Co 13.6; Ep 4.25). Enfin, que je défende et soutienne de tout mon pouvoir l’honneur et la réputation de mon prochain (1 P 4.8).

Q. 113: Qu’exige le dixième commandement?

Qu’il ne nous vienne jamais dans le coeur la moindre envie ou pensée contraire à un quelconque commandement de Dieu, mais que de tout coeur et en tout temps nous détestions tout péché et prenions plaisir à toute justice (Rm 7.7-8).

Q. 114: Ceux qui sont convertis à Dieu peuvent-ils observer parfaitement ces commandements?

Non, car même les plus saints, tant qu’ils sont en cette vie, ne sont qu’au tout début d’une telle obéissance (1 Jn 1.8-10; Rm 7.14s.; Eccl 7.21). Toutefois ils commencent à vivre non seulement selon quelques-uns des commandements de Dieu, mais selon tous (Rm 7.22; Jc 2.10-11), en s’y appliquant sérieusement.

Q. 115: Pourquoi Dieu nous fait-il annoncer d’une manière si exigeante les dix commandements, puisque personne ne peut les observer en cette vie?

C’est, premièrement, afin que pendant toute notre vie nous reconnaissions toujours mieux notre nature pécheresse (1 Jn 1.9; Ps 32.5) et que nous cherchions avec d’autant plus d’ardeur le pardon des péchés et la justice en Christ (Rm 7.24-25). C’est, secondement, afin que nous nous appliquions sans relâche à demander à Dieu la grâce du Saint-Esprit, pour être renouvelés toujours plus à son image, jusqu’à ce qu’après cette vie, nous atteignions la perfection qui est notre but (1 Co 9.24; Ph 3.11-14).

DE LA PRIERE

Q. 116: Pourquoi la prière est-elle nécessaire aux chrétiens?

Parce que c’est la pièce maîtresse de la reconnaissance que Dieu réclame de nous (Ps 50.14-15), et il ne veut donner sa grâce et son Saint-Esprit qu à ceux qui les lui demandent avec des prières ardentes et continuelles et qui l’en remercient (Mt 7.7s.; Lc 11.9s., 13; Mt 13.12).

Q. 117: Que faut-il à la prière pour qu’elle soit agréable à Dieu et exaucée par lui?

Premièrement, que de tout coeur nous invoquions le seul vrai Dieu qui s’est révélé à nous dans sa Parole an 4.22-24) pour obtenir de lui tout ce qu’il nous a ordonné de lui demander (Rm 8.26; 1 Jn 5.14-15). Secondement, que nous reconnaissions entièrement notre pauvreté et notre misère (2 Ch 20.12) pour nous humilier devant sa majesté (Ps 2.11; 34.19; Es 66.2). Troisièmement, que nous nous fondions sur la certitude (Rm 10.14; Jc 1.6s.) que, sans tenir compte de notre indignité, il exaucera sûrement notre prière à cause du Seigneur Jésus-Christ (Jn 14.13-16; Dn 9.17-18), comme il nous l’a promis dans sa Parole (Mt 7.8; Ps 143.1).

Q. 118: Qu’est-ce que Dieu nous a ordonné de lui demander?

Tout ce qui est nécessaire à l’âme et au corps, et que le Seigneur Jésus-Christ a récapitulé dans la prière qu’il nous a lui-même enseignée (Jc 1.17; Mt 6.33).

Q. 119: Que dit cette prière?

Notre Père qui es aux cieux, Que ton nom soit sanctifié, Que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen.

Q. 120: Pourquoi Christ nous a-t-il commandé de nous adresser à Dieu en l’appelant « notre Père »?

Afin d’éveiller en nous, dès le commencement de notre prière, la crainte filiale et la confiance en Dieu qui doivent être le fondement de notre prière. Car, en effet, Dieu est devenu notre Père par Christ, et il veut bien moins nous refuser ce que nous lui demandons avec foi, que nos pères ne nous refusent les choses de ce monde (Mt 7.9-11; Lc 11.11-13).

Q. 121: Pourquoi ajoute-t-on « qui es aux cieux »?

Afin que nous ne concevions pas de manière terrestre la majesté céleste de Dieu (Jr 23.23s.; Ac 17.24-25, 27), et que nous attendions de sa toute-puissance ce qui est nécessaire au corps et à l’âme (Rm 10.12).

Q. 122: Quelle est la première demande?

« Que ton nom soit sanctifié », c’est-à-dire: donne-nous d’abord de te connaître vraiment (Jn 17.3; Mt 16.17; Jc 1.5; Ps 119.105), de te sanctifier, de te célébrer et de te louer dans toutes tes oeuvres où brillent ta toute-puissance, ta sagesse, ta bonté, ta justice, ta miséricorde et ta vérité (Ps 119.137; Rm 11.33-36). Donne-nous aussi de pouvoir diriger toute notre vie, nos pensées, nos paroles et nos actions, de sorte que ton nom, à cause de nous, ne soit pas blasphémé, mais plutôt honoré et glorifié (Ps 71.8; 115.1).

Q. 123: Quelle est la deuxième demande?

« Que ton règne vienne », c’est-à-dire: règne tellement sur nous par ta Parole et ton Esprit, que nous nous soumettions toujours plus à toi (Mt 6.33; Ps 119.5; 143.10). Conserve et augmente ton Eglise (Ps 51.20; 122.6-9). Abats les oeuvres du diable et toute puissance qui s’élève contre toi et tous les mauvais desseins qu’on forme contre ta sainte Parole (1 Jn 3.8; Rm 16.20), jusqu’à ce qu’arrive la plénitude de ton règne (Ap 22.17, 20; Rm 8.22s.) où tu seras tout en tous (1 Co 15.28).

Q. 124: Quelle est la troisième demande?

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », c’est-à-dire: accorde-nous, et à tous les hommes, de renoncer à notre propre volonté (Mt 16.24; Tt 2.12) et de n’obéir, sans aucun murmure, qu’à la tienne qui seule est bonne (Lc 22.42), et accorde aussi à chacun de s’acquitter de la tâche qui est sa vocation (1 Co 7.24) aussi promptement et fidèlement que le font les anges dans le ciel (Ps 103.20s.).

Q. 125: Quelle est la quatrième demande?

« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », c’est-à-dire: veuille nous pourvoir de tout ce qui est nécessaire au corps (Ps 104.27s.; 145.14-16; Mt 6.25s.), afin que nous reconnaissions par là que tu es la source unique de tout bien (Ac 14.17; 17.27s.) et que ni nos soucis, ni nos efforts, ni tes dons ne nous profitent sans ta bénédiction (1 Co 15.58; Dt 8.3; Ps 37.3-7, 16-17); et afin qu’ainsi nous retirions notre confiance à toutes les créatures pour ne la mettre qu’en toi (Ps 55.23; 62.11).

Q. 126: Quelle est la cinquième demande?

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », c’est-à-dire: à cause du sang de Jésus-Christ (Ps 51.1-7; 143.2; 1 Jn 2.1-2), veuille ne pas nous imputer, à nous pauvres pécheurs, tous nos péchés et le mal qui reste toujours attaché à nous. Quant à nous, nous trouvons ainsi en nous le témoignage de ta grâce, qui est notre ferme résolution de pardonner de tout coeur à notre prochain (Mt 6.14-15).

Q. 127: Quelle est la sixième demande?

« Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal », c’est-à-dire: de nous-mêmes nous sommes si faibles que nous ne saurions subsister un instant (Jn 15.5; Ps 103.14-16), et au surplus nos ennemis mortels, le diable (1 P 5.8; Ep 6.12), le monde (Jn 15.19) et notre propre chair (Rm 7.23, Ga 5.17), ne cessent de nous assaillir par leurs tentations; veuille donc nous soutenir et nous fortifier par la puissance de ton Saint-Esprit, pour que nous puissions leur résister fermement et ne pas succomber dans ce combat spirituel (Mt 26.41; Mc 13.33), jusqu’au jour où enfin nous obtiendrons la victoire complète (1 Th 3.13; 5.23-24).

Q. 128: Comment termines-tu cette prière?

« Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles », c’est-à-dire: tout cela nous te le demandons à toi notre Roi qui as toutes choses en ta puissance, parce que tu peux et tu veux (Rm 10.11-12; 2 P 2.9) nous donner tout bien et qu’ainsi la gloire en revienne non point à nous, mais à ton saint nom éternellement (Jn 14.13; Ps 115.1).

Q. 129: Que signifie le mot « amen »?

« Amen » veut dire: cela est nécessairement vrai et certain, car la certitude que ma prière est exaucée par Dieu est bien plus grande que le désir que je ressens dans mon coeur qu’elle le soit (2 Co 1.20; 2 Tm 2.13).